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La sélection des projets entre le capital risque et la Finance Islamique : s'agit-il d'un même processus ?

L'analyse des principes de la finance islamique et de ses techniques (plus particulièrement les techniques participatives), nous amène à nous intéresser à une méthode de financement particulière et bien connue du système actuel : le capital risque. En effet, l'analyse des fondements du capital risque d'une part, et des principes des techniques participatives de la finance islamique d'autre part, nous montre que ces deux méthodes de financement sont relativement proches.

Dans ce bref article, nous allons essayer de comparer ces deux modes de financement en ce qui concerne la problématique de la sélection des projets à financer.

Pour le capital risque, la décision d’investissement tourne autour de deux axes : la recherche des projets à fort potentiel de rentabilité, pour un risque contrôlé. Les critères qui permettent de cerner ces deux axes sont représentés sur le graphique suivant :

Graphique : Les critères d'analyse des projets [1]


Pour aboutir à la décision d’investissement, les capital-risqueurs vont étudier de façon approfondie le business plan présenté par l’entrepreneur (établi sur 3 ans au minimum).

Cependant, les critères de choix des projets ne sont pas uniquement des critères de qualité du bilan ou de rentabilité réelle. La qualité de l’équipe dirigeante est un des critères auquel les capital-risqueurs sont aussi très attentifs. Les investisseurs privilégient des équipes bien constituées, plus expérimentées et connaissant déjà le domaine commercial de l’entreprise.
Les compétences techniques rassemblées par l'entreprise, sa capacité à gérer un plan de financement, la réputation de la société auprès de ses partenaires, etc. constituent d’autres critères essentiels dans le choix.
Ainsi, « le capital risqueur se fiera plus à des critères qualitatifs que quantitatifs » [2].

Une étude réalisée par l’université d’Oxford (1998) a classé par ordre d’importance les critères d’investissement retenus par les fonds de capital risque. Nous trouvons :

Tableau : Les critères de choix des projets par le capital risque [3]

Classement

Venture Capital

Enthousiasme de l’entrepreneur

3

Honnêteté et crédibilité de l’entrepreneur

1

Potentiel de vente des produits

5

Expérience de l’entrepreneur

2

Jugement de l’entrepreneur sur les meetings

9

Taux de croissance du marché

6

Qualités du produit

10

Rendement financier pour l’investisseur

4

« Track record » de l’entrepreneur

8

Proximité du business

27

 

 

Pour ce qui est de la Moudaraba et de la Moucharaka, nous ne nous éloignons pas des pratiques et des critères retenus par le capital risque pour la sélection des projets. Cette sélection est très rigoureuse. Cependant, « lorsqu'un projet est soumis à une Institution Financière Islamiquepour être financé par participation, il faut s'assurer d'abord de sa conformité aux normes et principes de la Charia. Après quoi la faisabilité économique du projet est analysée »[4].

Les Institutions Financières Islamiques vont ensuite analyser les documents présentés par l'entrepreneur. Il s'agit de l'analyse de l'étude ou du rapport de faisabilité financière (autre appellation du business plan).
Chaque Institution Financière Islamique exige de tout entrepreneur la présentation de cette étude de faisabilité pour juger l'importance du projet, sa viabilité, les risques à encourir. Ce document de base va analyser en détail le marché auquel le projet s'adresse, les produits offerts et leurs spécificités… ainsi que les objectifs industriels, marketing et financiers que l'entrepreneur cherche à atteindre.

Cependant, outre ces critères relatifs au marché, aux aspects techniques, économiques et financiers, les IFI, accordent, comme dans le cas du capital risque, une grande importance au choix de l'entrepreneur. Ces institutions privilégient « avant tout la confiance envers le client surtout quand il s'agit de financer un investissement sous forme de Moudaraba ou de Moucharaka. Dans ce cas, la première des garanties est la qualité, puis la gestion et le contrôle. Certes, ce n'est qu'une garantie morale, mais c'est la garantie par excellence parce que c'est elle qui établit le support fondamental des relations entre la banque et son client »[5].

Dans le même sens, Chekir affirme que « le critère de choix essentiel dans ce type de financement, privilégie le promoteur car la confiance réciproque et les chances de succès en dépendent. L'évaluation du promoteur prime sur le plan de développement et parfois même sur les perspectives du marché et des produits. On doit accorder une importance critique au facteur humain car le financement Moudaraba est effectué sans les sûretés bancaires usuelles. Les garanties sont recherchées surtout dans les qualités du promoteur : compétence, droiture, intégrité et personnalité »[6].

Pour conclure, nous remarquons que, pour le capital risque comme pour la Finance Islamique, les experts chargés de l'évaluation du projet, outre l'analyse de la rentabilité financière du projet sur la base de l'étude de faisabilité, accordent une importance particulière au facteur humain et le considèrent même comme le facteur primordial dans le choix des projets.

 

***************************************

Notes :

1.  MASCRÉ F., DUBUS G., LANTZ J.S., EHKIRCH Y.M., CROCHET P., « Capital Risque et Valorisation de la Recherche », AFIC, 2005, P13.

2. BARBIER Alain, « Capital risque, capital investissement et formation à l'entrepreneuriat », Thèse soutenue à l'Université de la Réunion, P223

3. BATTINI Pierre, « Financer son entreprise de la création à la transmission par le Capital Investissement », Maxima Laurent du Mesnil Editeur, 2006, P45.

4. BOUALEM Bendjilali, « Introduction aux techniques islamiques de financement », Edition Institut Islamique de Recherches et de Formation, Banque Islamique de Développement, Acte de séminaire N°37, 1992, P39

5. BA Ibrahima, « PME et institutions financières islamiques », Document de travail N°6, Département du Développement des Entreprises et Coopératives, Bureau international du Travail, Genève, P21

6. CHEKIR Mohamed Ali, « Introduction aux techniques islamiques de financement », Edition Institut Islamique de Recherches et de Formation, Banque Islamique de Développement, Acte de séminaire N°37, 1992, P62-63


 

 

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Finance islamique à la française Au-delà de l’intérêt d’une documentation solide, d’une argumentation juridique de haut niveau, d’une analyse précise des enjeux du développement et de l’intégration de la finance islamique, c’est à une véritable initiation qu’invite cet ouvrage. Initiation à une philosophie qui refuse que le temps soit argent, sans pour autant interdire le profit ou refuser les risques liés à toute entreprise humaine, qui impose de considérer le financier non plus comme un simple prêteur mais comme un partenaire avec qui l’entrepreneur partagera pertes et profits, qui interdit la vente d’une dette et impose à toute transaction la garantie d’un sous-jacent… Initiation à une finance islamique aussi susceptible de constituer un moteur pour notre économie que de proposer une alternative éthique à notre système financier. Initiation à une finance islamique « à la française » appelée (cf. Les Echos) à constituer « une alternative éthique pour le crédit » et qui fait dire à H. de Charette, ancien ministre des Affaires étrangères, qui en a écrit la préface, qu’« il est de l’intérêt stratégique pour notre pays de réunir au plus vite les conditions de son développement ». « La Finance islamique à la française ». Editions Secure Finance, 314 pages, 25 euros

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FOUL EXPRESS retrace le parcours d’un jeune ingénieur à travers le monde de la finance. Il y décrit ses espoirs, ses désillusions, ses questions. Plus qu’un récit professionnel, Foul Express est un morceau de vie. On y trouve en vrac un décryptage de la finance, des analyses sociologiques et quelques rêves d’enfants. Un témoignage sans complaisance. L’aventure Foul Express commence en 2006 avec un blog. 3 ans plus tard, le bouche à oreille ayant attiré plus de 10 000 visiteurs sur le blog, c’est avec un grand plaisir que nous vous annonçons la sortie du livre.