Les organismes internationaux acteurs de la finance islamique
Par Oumar SEYE
La croissance de la finance islamique a été facilitée par l’établissement de diverses institutions indépendantes chargées de la mise en place, de la promotion, de la diffusion des « best practice » et de la déclinaison de ces règles au sein des établissements et institutions islamiques.
Ce corpus de règles et/ou de standards concerne des domaines essentiels dans la vie de ces institutions : la comptabilité, la gouvernance d’entreprise selon le référentiel islamique, la surveillance des risques, le contrôle interne, la vie juridique de l’entreprise, la mise en place et la gestion des contrats, etc.
Quelles sont donc ces institutions ?
Islamic Development Bank (IDB)
Basée à Jeddah (Arabie Saoudite) et instituée en 1973 par la conférence des ministres des finances des pays musulmans, la Banque Islamique de Développement n’a cessé de jouer un rôle capital dans le développement de la finance islamique. A la fin 2008, l’IDB comptait 56 pays avec pour principal objectif, le développement socio-économique des pays membres.
L’IDB accorde des financements à des projets, des entreprises et fournit également une mission d’assistance dans le domaine social aux pays membres. Enfin, l’IDB dispose des fonds spéciaux dédiés à l’assistance des populations musulmanes en pays étrangers.
International Islamic Fiqh Academy (IIFA)
Egalement basée à Jeddah, l’IIFA est un Shari’a board qui regroupe des juristes musulmans membres de l’Organisation de la Conférence Islamique.
Elle a pour rôle d’étudier et de formuler des avis juridiques (Fatwas) ayant pour objectif de servir de position commune en matière d’économie, de finance et de Banque. L’IIFA regroupe en son sein, des juristes musulmans particulièrement versés dans le domaine des transactions et fortement impliqués dans des problématiques économiques ou financières contemporaines.
De nombreuses institutions financières islamiques font généralement appel à l’IIFA par l’intermédiaire de leur Shari’a Board afin de s’assurer de la cohérence de leurs règles de fonctionnement avec celles édictées par l’IIFA.
Accounting & Auditing Organization for Islamic Financial Institutions (AAOIFI)
L’AAOIFI a vu le jour en 1990 à Alger et s'est très rapidement installée à Bahreïn dès 1991. Elle compte 155 membres issus de près de 40 pays, et intègre en son sein, des banques centrales, des banques islamiques et divers intervenants dans le domaine de la finance islamique.
L’AAOIFI a pour principales missions de développer des normes comptables, d’audit, de gouvernance, d’éthique ainsi que de mettre en place des standards Shari’a communs à l’ensemble des institutions financières islamiques.
Islamic Financial Services Board (IFSB)
Basée à Kuala Lumpur depuis 2002, l’IFSB est un organisme regroupant des Banques centrales, des autorités monétaires ainsi que diverses organisations actives dans le domaine de la régulation et la supervision des institutions agissant dans la sphère de la finance islamique. L’ISFB a pour rôle de mettre en place un corpus de standards et de bonnes pratiques qui viendraient en complément des règles de surveillance édictées par le Comité de Bâle, les organisations internationales de contrôles des activités de marchés (IOSC) et d’assurance (IAIS).
International Islamic Financial Market (IIFM)
Créée à Bahreïn en 2001, elle a pour principal objectif de définir le cadre conceptuel nécessaire au développement de marchés monétaires et de capitaux islamiques.
Pour la bonne réussite de sa mission, l’IIFM aura également comme tâches annexes :
- La promotion et l’harmonisation des avis juridiques émis dans le cadre de la structuration de produits Shari’a
- L’implémentation des produits Shari’a à l’étranger
- La promotion de la cotation transfrontalière de produits Shari’a ainsi que le trading de produits islamiques sur les marchés financiers.
Liquidity Management Center (LMC)
La LMC a été créée en 2002 pour faciliter la mise en place d’un marché monétaire interbancaire qui permette aux institutions islamiques de gérer leur liquidité de façon dynamique. Cette institution avait également comme objectif de réfléchir à la mise en place d’un marché secondaire via lequel les institutions islamiques pourraient réaliser des opérations de trésorerie de court terme Shari’a compliant.
Aujourd’hui la LMC travaille à l’unification des règles de fonctionnement des marchés financiers islamiques et à la création de marchés secondaires, de marchés OTC, etc.
International Islamic Rating Agency (IIRA)
Créée en 2002, l’IIRA a pour principal objectif l’évaluation et la notation des institutions financières islamiques ainsi que les produits créés par ces dernières.
Cette évaluation intègre également une évaluation de la conformité de ces institutions et des produits qu’elles créent (par rapport à la Shari’a) ainsi que la probabilité de défaillance de ces institutions.
The Intertational Arbitration and Reconciliation Center for Islamic Financial Institutions (ARCIFI)
Etablie à Dubaï depuis 2005, elle a un rôle de médiateur mais statue également sur les litiges qui opposent institutions financières islamiques nationales, régionales et internationales.
General Council for Islamic Banks and Financial Institutions (GCIBFI)
Créée en 2001 à Bahreïn, elle travaille à l’implication et à la participation des banques et institutions financières dans les débats internationaux d’envergure relatifs au domaine financier.
Par le biais de ces institutions, la finance islamique est devenue, au fil des années, un acteur majeur dans la sphère financière actuelle.
Aujourd’hui, le rôle des acteurs locaux devient tout aussi primordial que celui de ces grandes institutions. En effet la communication envers les consommateurs avait longtemps été occultée ; en France des acteurs comme Aidimm travaillent à la promotion de la finance islamique à l’échelle du grand public.
L’un des enjeux majeurs demeurera l’image et la perception qu’auront les consommateurs de cette nouvelle finance.
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Communiqué de Presse : l’Aidimm se positionne en faveur du vote pour la fiducie
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Qu’il est réconfortant de voir que le système financier peut revenir à la raison, ou tout simplement au bon sens.
QUEL MARCHÉ POUR LA FINANCE ISLAMIQUE EN FRANCE ?
Pour la première fois en France, une enquête a été menée pour quantifier le marché potentiel de la finance islamique en banque de détail. Jusqu’alors les seules données disponibles sur le vieux continent concernaient la Belgique. “47 % des musulmans vivant en France seraient intéressés par un contrat d’épargne et 55 % par des emprunts qui respectent l’éthique islamique”. C’est ce que révèle une enquête réalisée par l’IFOP et commandée par l’IFAAS, un cabinet de conseil britannique spécialisé en finance islamique et l’AIDIMM, une association de musulmans à la recherche de solutions alternatives aux crédits bancaires classiques. Au travers d’un panel de 530 musulmans composé de toutes les catégories socioprofessionnelles dont plus d’un tiers de cadres supérieurs, l’étude estime qu’à ce jour près de 500 000 personnes d’origine musulmane “seraient très intéressées par des emprunts bancaires respectant la charia”, la loi islamique.
Rentrée 2008 : Lancement d'un diplôme d'université sur la Finance Islamique
Maîtriser les savoirs, savoir-faire et savoir-être nouveaux et diversifiés :
> acquérir des compétences techniques en finance, en droit et en management adaptées aux besoins des entreprises internationales, cabinets d'avocats ou établissements bancaires dans des contextes stratégiques variés
> développer l'analyse critique grâce à des enseignements de synthèse (études de cas, simulations, salle de marché notamment)
Introduction aux principes de la finance islamique
Le principe d’« al-Ghunm bi al-Ghurm » l’équivalent en arabe de l’expression « Partage des Pertes et Profits (PPP) » ou anglaise « profit an loss sharing (PLS) ». Ce principe s’accommode d’une logique très simple : le fait que nul ne peut prévoir l’avenir, pourquoi ne pas s’entendre, financier et entrepreneur, sur le partage des résultats. Dans le système capitaliste, l’entreprise qui s’engage à payer des intérêts déterminés ne sait pas, à priori, quel serait exactement le fruit de ses activités. Si elle réalise un profit, tant mieux pour elle ; dans le cas contraire, elle s’exposera seule au « business risks » indépendamment de son degré de responsabilité dans la réalisation de cette perte.
Formation sur la Finance Islamique
Ses fondements, le système économique, l'interdiction de l'intérêt et de l'usure, les outils, les différents contrats, l'assurance, les différents produits, les différents montages financiers et immobiliers, autant de sujets que nous vous proposerons très prochainement dans le cadre d'un programme sur une ou plusieurs sessions.
Banques Islamiques
La montée en puissance d’un secteur privé islamique (banques, sociétés d’investissement et sociétés de placement de fonds) dans l’économie de certains pays musulmans durant les deux dernières décennies soulève quelques questions quant à l’évolution de leur situation intérieure et de leur insertion internationale.
Avec une croissance de plus de 25 % sur six ans, la finance islamique, jusque-là considérée comme un épiphénomène laissé à quelques institutions financières du Golfe, du Pakistan ou de Malaisie, s’avère receler un énorme potentiel qui intéresse de plus en plus de banques occidentales.
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