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Retour sur le partenariat BPCE et Qatar Islamic Bank Interview de Mr El Jida, directeur exécutif de QIB

Question : Mr El Jida (directeur exécutif de la QIB) si on commence  par la signature de cet  accord ou partenariat entre la QIB et la Banque Populaire Caisse d’Epargne BPCE, quelles sont les grandes lignes de ce document ?

Rép. Mr El Jida : Dans le cadre de la distribution des produits financiers islamiques, on a senti qu’il  y avait une réelle demande de faire un partenariat avec l’une des grandes banques françaises pour avoir la possibilité de commercialiser ce type de  produit  à travers le réseau existant d’agences de cette banque dans toute la France. Sachant que  la Banque Populaire Caisse d’Epargne BPCE est considérée comme l’une des grandes banques. Nous sommes très fiers de cette démarche sachant qu’elle est fondée sur des convictions mutuelles, et notre vraie réussite sera dans l’accessibilité, partout en France, aux produits financiers islamiques pour tous ceux qui souhaiteraient y investir. Et on espère réussir dans notre démarche.


Question : comment sera ce partenariat et dans quel cadre ?

Mr El Jida  : L’important pour nous c’est l’application de la sharia dans ce que nous allons faire. Il y aura trois missions différentes de travail : La première phase c’est de traiter avec  les clients des agences de cette banque, au début  nous commencerons l’expérience dans seulement quelques agences pour faire connaître nos services et savoir aussi la demande réelle des produits islamiques. La deuxième mission s’effectuera dans le middle-office ou les bureaux intermédiaires qui feront office de validation et vérification de la conformité des opérations et des produits. Notre dernier contrôle sera sur le back office ou les bureaux internes pour gérer les produits et les liquidités.
Lors du dépôt d’argent au sein de cette banque (Banque Populaire Caisse d’Epargne BPCE)  vous allez signer des contrats inhabituels qui rentrent dans le cadre des collectes des liquidités et notre travail sur les deux plans cités auparavant sera bien évidemment de s’assurer de la conformité des placements (et toutes les opérations sous-jacentes). Et nous pensons que cette démarche sera  plus attractive pour le développement de ce secteur.

Question : Ce partenariat  pourra-il aboutir dans le cadre français où il n’y a pas de réglementations pour encadrer la finance islamique ?

Mr El Jida : Nous étions avec les autorités de régulation et on a discuté avec clarté et transparence.  
Les autorités de régulation ainsi que le pouvoir politique français nous ont garanti leur soutien pour  cette démarche. Nous  sommes certains que fuir la réalité de la finance islamique ne convient pas aux ambitions du gouvernement français.
Je suis désolé de l’implication de quelques politiques qui ont semé le doute dans ce secteur.
Nous espérons et présageons que la  finance islamique existera et aura sa place et se développera en France.

Question : Paris va pouvoir concurrencer les autres places financières européennes (La Grande Bretagne et le Luxembourg) ? Ce partenariat sera-t-il vraiment l’intégration de la finance islamique en France ?

Mr El Jida : C’est une démarche exceptionnelle et sans précédent, il n’y a eu jamais de partenariat entre une institution bien expérimentée qui applique parfaitement la sharia avec une institution conventionnelle qui exerce dans les secteurs d’activités financières.
Nous essayons de faire d’autres partenariats avec d’autres institutions sur le marché européen d’une façon générale.
Nous sommes fiers de ce qui a été déjà fait, mais il faut savoir que l’activité de finance islamique n’est pas une question d’individu (ou de fortune). Nous sommes convaincus que le financement des PME et TPE participera à la continuité et au développement de notre activité. Nous croyons aussi au financement des grands groupes bien expérimentés pour avoir un retour intéressant de rentabilité et pour une meilleure sécurité pour notre clientèle.

Question : Dans le cadre de financement des grandes sociétés et grands groupes craignez-vous  pas que ces derniers feront de la spéculation boursière et dérogerons les règles de la sharia ?

Mr El Jida : Il y aura des principes fondamentaux à respecter avant  le financement.  Et nous ne financerons que des produits  réels et tangibles. Et nous vérifions aussi que cette société n’a pas d’activité dans les secteurs illicites. Notre expérience de 25 ans a prouvé notre réussite sur le plan de la conformité de la sharia. Là, notre expérience va jouer dans le contrôle et la supervision des activités.

Question : Allez-vous viser une certaine catégorie de clientèle, les musulmans par exemple sachant qu’il y a plus de 6 millions de musulmans  en France ou bien vous allez financer d’autres catégories et d’autres institutions ?

Mr El Jida  : Nous ne faisons de discrimination ni d’individus ni de secteurs. Nous proposerons nos services à tous ceux qui veulent les avoir, nous espérons toucher, par nos services, toute la planète toute l’Europe et toute la France.
Aujourd’hui l’excellence de ce secteur est reconnue sa légitimité  l’est aussi. Nos produits présentent une réelle alternative meilleure que celle du secteur conventionnel qui, ce dernier temps, a trop joué avec le risque et nous  a conduit à une crise.
Nous n’avons pas l’intention de demander la religion des clients notre question sera : Voulez vous bénéficier de produits conformes à la sharia si oui vous êtes les bienvenues.

Question : Donc vous visez les musulmans et les non musulmans. Mais vous ne craignez pas la concurrence des instituions financières françaises déjà bien implantées ?

Mr El Jida : La concurrence des institutions conventionnelles prouve notre compétence et valide notre travail en tant qu’alternative et c’est une fierté. Sachant que nous offrons toujours une alternative nous ne pourrons pas les concurrencer  si c’est le cas nous sommes certain de notre réussite car nous croyons en ce que nous faisons.
Une réussite sans concurrence ne vaut rien.

Question : Que va apporter la QIB de plus par rapport aux autres institutions financières islamiques?

Mr El Jida : Nous ne voyons pas la possibilité d’installation  d’une institution financière islamique en France. L’expérience en Grande Bretagne rencontre plusieurs difficultés. Notre vision est de distribuer nos produits à travers des structures déjà existantes, voila notre modèle de vision de la chose aujourd’hui.

Question : Vous ne courez pas un risque en intégrant le marché français en étant la première institution financière islamique qui fait un partenariat avec une institution financière française ?

Mr El Jida  : Vous pensez que nous courons un risque en proposant des produits financiers conformes à la sharia en France ???

Question : Non je ne pense pas !!!

Mr El Jida  : Merci beaucoup. Vous me rassurez et vous me confirmez notre future réussite.
Nous souhaitons une réelle collaboration de toutes les catégories de la société, pas pour se distinguer, mais pour continuer à proposer une alternative aux intéressés pour l’acquisition de leurs résidences, leurs  voitures, financer leurs projets et avoir une carte de crédit. Ces services sont sollicités par les musulmans en Europe. La demande existe et elle est réelle. Et avec ce partenariat nous pensons qu’on pourra proposer tous les produits et services.

Question : Je vous ai proposé la question précédente car il ya 6 millions de musulmans qui attendent et depuis un bon moment posent la question : Quand est-ce qu’on aura des institutions financières islamiques ?

Mr El Jida : Pour très bientôt. Dans les six mois à venir nous allons bien avancer dans notre projet. L’activité va voir le jour au début de l’année prochaine.   
 
Traduit par Nabil BENNASR - interview diffusé sur France 24
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Finance islamique à la française Au-delà de l’intérêt d’une documentation solide, d’une argumentation juridique de haut niveau, d’une analyse précise des enjeux du développement et de l’intégration de la finance islamique, c’est à une véritable initiation qu’invite cet ouvrage. Initiation à une philosophie qui refuse que le temps soit argent, sans pour autant interdire le profit ou refuser les risques liés à toute entreprise humaine, qui impose de considérer le financier non plus comme un simple prêteur mais comme un partenaire avec qui l’entrepreneur partagera pertes et profits, qui interdit la vente d’une dette et impose à toute transaction la garantie d’un sous-jacent… Initiation à une finance islamique aussi susceptible de constituer un moteur pour notre économie que de proposer une alternative éthique à notre système financier. Initiation à une finance islamique « à la française » appelée (cf. Les Echos) à constituer « une alternative éthique pour le crédit » et qui fait dire à H. de Charette, ancien ministre des Affaires étrangères, qui en a écrit la préface, qu’« il est de l’intérêt stratégique pour notre pays de réunir au plus vite les conditions de son développement ». « La Finance islamique à la française ». Editions Secure Finance, 314 pages, 25 euros

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FOUL EXPRESS retrace le parcours d’un jeune ingénieur à travers le monde de la finance. Il y décrit ses espoirs, ses désillusions, ses questions. Plus qu’un récit professionnel, Foul Express est un morceau de vie. On y trouve en vrac un décryptage de la finance, des analyses sociologiques et quelques rêves d’enfants. Un témoignage sans complaisance. L’aventure Foul Express commence en 2006 avec un blog. 3 ans plus tard, le bouche à oreille ayant attiré plus de 10 000 visiteurs sur le blog, c’est avec un grand plaisir que nous vous annonçons la sortie du livre.