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Banques Islamiques

La montée en puissance d’un secteur privé islamique (banques, sociétés d’investissement et sociétés de placement de fonds) dans l’économie de certains pays musulmans durant les deux dernières décennies soulève quelques questions quant à l’évolution de leur situation intérieure et de leur insertion internationale.
Avec une croissance de plus de 25 % sur six ans, la finance islamique, jusque-là considérée comme un épiphénomène laissé à quelques institutions financières du Golfe, du Pakistan ou de Malaisie, s’avère receler un énorme potentiel qui intéresse de plus en plus de banques occidentales.

La montée en puissance d’un secteur privé islamique (banques, sociétés d’investissement et sociétés de placement de fonds) dans l’économie de certains pays musulmans durant les deux dernières décennies soulève quelques questions quant à l’évolution de leur situation intérieure et de leur insertion internationale.
Avec une croissance de plus de 25 % sur six ans, la finance islamique, jusque-là considérée comme un épiphénomène laissé à quelques institutions financières du Golfe, du Pakistan ou de Malaisie, s’avère receler un énorme potentiel qui intéresse de plus en plus de banques occidentales.

Selon l’article d’Ibrahim Warde* « Les institutions financières islamiques « pèsent » environ 230 milliards de dollars, soit quarante fois plus qu’en 1982. A l’instar de la Citibank qui, dès 1996, avait établi sa propre filiale islamique à Bahreïn, la plupart des grandes institutions financières occidentales sont désormais engagées dans ce type d’activités, sous la forme de filiales, de « guichets islamiques » ou de produits financiers destinés à une clientèle musulmane. Symbole de l’intégration de la finance islamique dans l’économie globale, il existe même un « indice Dow Jones du marché islamique » ».
* http://www.monde-diplomatique.fr/2001/09/WARDE/15584

Un exemple pratique de cette évolution du marché, c’est la création de la première banque islamique en Europe, l’IBB: Islamic Bank of Britain

IBB [IBB2005] est la première banque islamique de proximité (de détail pour le grand public) du Royaume-Uni.

C’est l’un des directeurs actuels de l’IBB issu du Moyen-Orient qui a eu l’idée au début de l’année 2002 de créer une banque islamique autonome au Royaume-Uni.
Très rapidement, quelques mois plus tard, en juillet 2002, les fondateurs ont formé la compagnie « Islamic House of Britain ». Ils ont nommé des conseillers qui ont effectué une première étude de faisabilité et ont confirmé qu’une telle banque était devenue nécessaire. Suite à quoi le projet au stade d’ébauche a été présenté à l’organisme de contrôle bancaire du Royaume-Uni, l’autorité des services financiers (FSA).
Des appels à rejoindre le projets ont permis de réunir 14 millions de livres (£) auprès d’investisseurs principalement dans le Golfe durant le premier trimestre de 2003.

En avril 2003 le groupe fondateur recrute son directeur de gestion (Managing Director), Michael Hanlon, afin de respecter les conditions imposées par la FSA.

Le Président actuel (Chairman), Abdul Rahman Abdul Malik, a donné tout son appui au projet en offrant l’accès aux ressources et au personnel de son ancienne banque, la banque islamique d’Abu Dhabi.
En octobre 2003, le groupe monte un projet de plan d’affaires (business planning) et soumet une demande officielle à la FSA qui avait déjà étroitement collaboré avec le groupe de travail et les avait encouragé dans tout ce long processus.

En conséquence, en août 2004, la FSA a accordé une autorisation à l’IBB et la première banque islamique de Grande-Bretagne a vu le jour.
Ses actionnaires se composent actuellement de certaines grandes banques islamiques et d’autres établissements du Moyen-Orient, en plus de quelques investisseurs particuliers séduits par le projet. Ces individus sont pour la plupart des membres fondateurs de banques et/ou de sociétés de financements islamiques déjà présentes au Royaume-Uni, au Qatar, en Abu Dhabi, au Bahrain et en Arabie Saoudite.

IBB est une donc aujourd’hui une banque britannique entièrement réglementée et indépendante avec le support d’un certain nombre d’établissements islamiques de très grande renommée.
Le fait d’avoir reçu l’autorisation de la FSA n’est pas contradictoire avec le fonctionnement d’une banque en conformité avec les principes de la Sharia. L’aspect éthique est supervisé par un Comité de surveillance. Lequel est composé d’experts en matière d’interprétation de loi islamique, et de son application dans les sujets de finance moderne.

La rencontre que nous avons eu avec IBB dans leur siège de Birmingham nous a montré le coté très proche de la communauté de cette banque. Les services disponibles en agence pour le grand public se résument aujourd’hui à l’ouverture de compte courants et à des prêts à la consommation. Lors de la rencontre début mai 2005 de certains membres d’Aidimm avec IBB, la jeune banque n’a pas caché les nombreuses demandes qu’elle reçoit de français musulmans qui aimeraient pouvoir accéder aux services financiers d’IBB depuis la France. Cependant la licence d’essai de deux ans octroyée par la FSA ne leur permet pas d’offrir des services outre-manche pour l’instant.

C’est ce constat qui a poussé les membres fondateurs d’Aidimm à chercher des solutions autonomes et spécifiques à la France.